Jean-Pierre Kahane (1926–2017)

Hier est arrivée la triste nouvelle du décès de Jean-Pierre Kahane, mathématicien spécialiste de l’analyse harmonique. On trouve plusieurs hommages, sur les pages du site de la société mathématique de France, de l’INSMI ou de l’Académie des sciences, dont il était un membre éminent.

Jean-Pierre Kahane était un scientifique engagé, communiste depuis toujours, membre de l’Union rationaliste (union-rationaliste.org/) et directeur de la revue Progressistes, dans laquelle on trouve une interview récente intitulée « La science pour lutter contre les obscurantismes » : https://revue-progressistes.org/2016/12/30/la-science-pour-lutter-contre-les-obscurantismes-entretien-de-jean-pierre-kahane-avec-anna-musso/

Il s’intéressait également à l’histoire des mathématiques : j’avais parcouru à l’époque avec intérêt un texte rédigé pour les journées mathématiques X-UPS (qui réunissent des chercheurs de Polytechnique et des professeurs de classes préparatoires) sur l’histoire de l’analyse harmonique, disponible ici : math.polytechnique.fr/xups/xup

On peut également lire les divers articles qu’il a rédigés pour Images des mathématiques : http://images.math.cnrs.fr/_kahane-jean-pierre_.html ou visionner la vidéo de sa conférence dans le cycle Un texte, un mathématicien intitulée « Paul Langevin, le mouvement brownien et l’apparition du bruit blanc » : https://vimeo.com/97833419

J’ai eu la chance de le croiser une fois, lors du colloque pour le tricentenaire de la naissance de Clairaut, en 2013. En fait, j’ai même eu la chance d’être assis à sa table pour le déjeuner (avec quelques autres, dont Étienne Ghys), excellent souvenir dont il reste cette photo (floue).

Un regret : très intimidé par la présence de ces convives (syndrôme de l’imposteur +++), je n’ai pas osé poser la moindre question, ou m’engager dans la conversation. Oui, un regret.

Pour terminer je vous conseille la lecture de ce beau texte intitulé « Le plaisir des mathématiques« , écrit par Kahane pour la Revue des Mathématiques Spéciales, dont est extraite la citation suivante :

Comme chercheur, je me suis senti jardinier plus qu’architecte. J’ai donc contribué à découvrir ou à créer des espèces nouvelles, qui parfois semblent étranges avant qu’on s’y habitue. Cependant mon activité de chercheur n’a pas obéi à un plan d’ensemble : j’ai été porté par des questions ouvertes, posées par mes maîtres, par des collègues ou par le hasard de mes lectures. Dans chaque cas il fallait des outils ad hoc, et le plaisir, comme dans tout métier sans doute, était que les outils fonctionnent bien. On sait bien qu’il n’y a pas de plaisir sans douleur, et j’ai beaucoup peiné, comme tout le monde sans doute, en m’égarant, en me trompant, en rectifiant, en recommençant, avant d’aboutir aux résultats qui m’ont procuré le plus de plaisir.

 

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